Andy Warhol, in his own words

Vidéo sur YouTube de Jordan Stone que j’ai regardé aujourd’hui. Un montage d’entrevues et autres pièces où Andy parle, parle, parle. Il ne bouge pas beaucoup. Peut-être justement faut-il être toujours en mode retenue pour exister paisiblement au sein des vagues, surtout à cette époque. Ça bougeait beaucoup.

Est-ce qu’on bouge beaucoup aujourd’hui ? On s’agite beaucoup en tout cas. Ce qui est différent.

Peu importe, je reste fasciné par sa capacité à enregistrer son présent.

Andy

Je suis littéralement hypnotisé par ce documentaire (en deux parties https://www.youtube.com/watch?v=UQXpqQO4vaE et https://www.youtube.com/watch?v=r47Nk4o08pI) sur Andy Warhol. Je le connaissais un peu, ses soupes Campbell’s, ses Marylin… sans plus. J’épluchais depuis un certain temps des documentaires sur les artistes à partir de la période impressionniste et, chemin faisant, chemin temporel dans ce cas-ci, je remontais jusqu’à maintenant. Évidemment je n’ai pas tout regardé mais c’était un joli parcours. Voilà que je donne une chance à ce long documentaire sur Warhol et j’ai été entièrement séduit. Pas tant par le personnage mais les oeuvres, plus spécifiquement ce que ces oeuvres nous permettent de voir du monde moderne.

Vous savez, ces oeuvres qu’on trouve banales parce qu’on les regarde au premier degré. Un autre regard, quelques explications, quelques mises en contexte et tout change. Je ne chercherai pas ici à analyser son oeuvre mais simplement à témoigner de mon intérêt.

Dans le documentaire, dès le départ, le ton est donné par cette entrevue que l’on peut situer, je pense, à son exposition à la galerie Stable en 1964. Une transcription* ici :

– Andy, a Canadian government spokesman said that your art could not be described as original sculpture. Would you agree with that?

– Yes.

– Why do you agree?

– Because it’s not original.

– You have just then just copied a common item.

– Yes.

– Why have you bothered to do that? Why not create something new?

– Because it’s easier to do.

– Is this a sort of a joke, then, you play on the public?

– No. It gives me something to do.

En deux mots “c’est plus facile à faire et ça me donne quelque chose à faire”. Splendide.

Sans répondre à la question “qu’est-ce que l’art?” ou encore à “est-ce de l’art?”, une bonne partie de l’oeuvre de Warhol nous met dans cette position d’observation où il est possible de voir similitudes et oppositions entre art et consommation, oeuvre et produit. Les questions demeurent mais de nouvelles intuitions sur des réponses possibles émergent, elles-mêmes n’existant que dans notre présent.

Ce qui me fascine maintenant est cette obsession de l’artiste pour le multiple, tout enregistrer, être “dans” et “hors” à la fois. Les réseaux sociaux nous donnent à chacun cette possibilité avec facilité, nous place dans une position d’artiste-narrateur de notre temps. Serait-ce une simple preuve que l’art, malgré tout ce qu’on peut en dire, a une réelle influence sur le monde? Je dis ça parce que j’ai été tellement confronté au fil des années à ces discours où on situe l’art comme un accessoire, un luxe et qu’il vaudrait mieux travailler que de vivoter en créant.

Pour quelques temps encore je peux me permettre de créer en vivotant 🙂

Des images de ces boîtes qui étaient exposées à la galerie Stable peuvent être trouvées ici: recherche Google .

Autre lien : http://www.warhol.org/education/resourceslessons/Brillo–But-is-it-Art-/

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* une transcription non verbatim parce que certains passages ne me sont pas parfaitement clairs mais l’idée générale subsiste.