Noise – Bruit

The noise of social media feeds my imagination. It is not how it works, what it contains or how entertaining it is. I would say it’s like the traffic in a dense city: not the streets, boulevards, stores, buildings, cars, not the detail but the whole.

Strangely enough I am a person who can only look at and concentrate on details, but the wide noise feeds me.

* * *

Le bruit des réseaux sociaux nourrit mon imaginaire; pas tant comment ça fonctionne ni ce qui y est contenu ou le fait que ça soit divertissant. C’est comme le trafic dans une grande ville : ce ne sont pas les rues, les boulevards, les boutiques, les édifices, les voitures qui importent mais l’ensemble agité.

Pourtant je suis une personne qui ne voit et ne peut se concentrer que sur des détails, mais le bruit dans son ensemble me nourrit.

Andy Warhol, in his own words

Vidéo sur YouTube de Jordan Stone que j’ai regardé aujourd’hui. Un montage d’entrevues et autres pièces où Andy parle, parle, parle. Il ne bouge pas beaucoup. Peut-être justement faut-il être toujours en mode retenue pour exister paisiblement au sein des vagues, surtout à cette époque. Ça bougeait beaucoup.

Est-ce qu’on bouge beaucoup aujourd’hui ? On s’agite beaucoup en tout cas. Ce qui est différent.

Peu importe, je reste fasciné par sa capacité à enregistrer son présent.

Les Personnages de Blanc Seing

En plus de son immense talent d’écriture, Blanc Seing (sur Facebook et son blogue) s’adonne à la création de petits personnages. Contours et taches extirpés de photos, collages ou oeuvres d’art connues, ils s’agencent pour donner naissance à un univers joyeux et étonné.

Récemment il a proposé des compositions visuelles sur des oeuvres de Jasper Johns, Jim Dine, Joan Mitchell et Robert Rauschenberg. Sans trop savoir pourquoi je les trouve si particulièrement réussis, j’ai pensé les regrouper ici. J’aurais préféré lier les images à partir de sa page Facebook, mais ça ne m’a pas été possible.

Dans ces temps troubles, chaque parcelle d’étonnement est nécessaire.

À partir de Jasper Johns :

 

À partir de Jim Dine :

 

À patir de Joan Mitchell :

 

À partir de Robert Rauschenberg :

Andy

Je suis littéralement hypnotisé par ce documentaire (en deux parties https://www.youtube.com/watch?v=UQXpqQO4vaE et https://www.youtube.com/watch?v=r47Nk4o08pI) sur Andy Warhol. Je le connaissais un peu, ses soupes Campbell’s, ses Marylin… sans plus. J’épluchais depuis un certain temps des documentaires sur les artistes à partir de la période impressionniste et, chemin faisant, chemin temporel dans ce cas-ci, je remontais jusqu’à maintenant. Évidemment je n’ai pas tout regardé mais c’était un joli parcours. Voilà que je donne une chance à ce long documentaire sur Warhol et j’ai été entièrement séduit. Pas tant par le personnage mais les oeuvres, plus spécifiquement ce que ces oeuvres nous permettent de voir du monde moderne.

Vous savez, ces oeuvres qu’on trouve banales parce qu’on les regarde au premier degré. Un autre regard, quelques explications, quelques mises en contexte et tout change. Je ne chercherai pas ici à analyser son oeuvre mais simplement à témoigner de mon intérêt.

Dans le documentaire, dès le départ, le ton est donné par cette entrevue que l’on peut situer, je pense, à son exposition à la galerie Stable en 1964. Une transcription* ici :

– Andy, a Canadian government spokesman said that your art could not be described as original sculpture. Would you agree with that?

– Yes.

– Why do you agree?

– Because it’s not original.

– You have just then just copied a common item.

– Yes.

– Why have you bothered to do that? Why not create something new?

– Because it’s easier to do.

– Is this a sort of a joke, then, you play on the public?

– No. It gives me something to do.

En deux mots “c’est plus facile à faire et ça me donne quelque chose à faire”. Splendide.

Sans répondre à la question “qu’est-ce que l’art?” ou encore à “est-ce de l’art?”, une bonne partie de l’oeuvre de Warhol nous met dans cette position d’observation où il est possible de voir similitudes et oppositions entre art et consommation, oeuvre et produit. Les questions demeurent mais de nouvelles intuitions sur des réponses possibles émergent, elles-mêmes n’existant que dans notre présent.

Ce qui me fascine maintenant est cette obsession de l’artiste pour le multiple, tout enregistrer, être “dans” et “hors” à la fois. Les réseaux sociaux nous donnent à chacun cette possibilité avec facilité, nous place dans une position d’artiste-narrateur de notre temps. Serait-ce une simple preuve que l’art, malgré tout ce qu’on peut en dire, a une réelle influence sur le monde? Je dis ça parce que j’ai été tellement confronté au fil des années à ces discours où on situe l’art comme un accessoire, un luxe et qu’il vaudrait mieux travailler que de vivoter en créant.

Pour quelques temps encore je peux me permettre de créer en vivotant 🙂

Des images de ces boîtes qui étaient exposées à la galerie Stable peuvent être trouvées ici: recherche Google .

Autre lien : http://www.warhol.org/education/resourceslessons/Brillo–But-is-it-Art-/

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* une transcription non verbatim parce que certains passages ne me sont pas parfaitement clairs mais l’idée générale subsiste.

Les Charchivistes – mise en contexte

Chaque aquarelle du projet “Les Charchivistes” était accompagnée d’un note de mise en contexte :

Les Charchivistes

L’aquarelle ci-jointe s’inscrit dans une série de 60 œuvres originales (et une série complémentaire de six pièces notées en chiffres romains) dont les personnages principaux sont des chatons archivistes, ou de petits coquins s’amusant dans un univers d’inspiration archivistique.

J’ai commencé à utiliser la thématique des chatons au printemps 2014 lors de la campagne électorale provinciale. J’avais remarqué le ton de plus en plus amer des commentaires sur Facebook et une diminution des publications d’images de chatons mignons (qui en ont presque fait la marque de commerce de l’univers des réseaux sociaux). Je me suis dit qu’il fallait contrecarrer la morosité en ajoutant davantage de chatons, ce que je fis en m’assurant qu’ils soient plus loufoques les uns que les autres.

Les Charchivistes sont des chatons qui viennent visiter le monde des archives. On les voit tantôt à un comptoir de service, tantôt en train de classer, documenter ou bien de prendre une pause, mais surtout les voit-on jouer de façon bien inoffensive, il va sans dire. Par le jeu ils indiquent la curiosité générale que l’on peut avoir au sujet des archives, la recherche d’émotions au moment de regarder le passé.

Dans la plupart des aquarelles de la série on retrouve des objets qui sont, pour le grand public, les icônes des archives : les boîtes d’archives, les vieux ouvrages reliés, les parchemins, etc. On voit aussi à l’occasion des fleurs et des papillons, représentations de la fragilité des archives si aucune mesure de conservation n’est prise. Dans certains cas on verra des points colorés exécutés au pochoir qui est en fait une carte perforée de machine à tricoter, basée sur le principe même des cartes des métiers à tisser Jacquard et qui a été repris dans les premiers temps de l’informatique comme parmi les premiers systèmes de conservation de données. Dans d’autres cas, de fines grilles de métal ont été utilisées comme pochoirs, symbolisant structure et multiplicité. À l’endos de chaque tableau, une note explique l’origine du papier utilisé : celui-ci n’étant pas anodin.

Finalement, l’enveloppe qui contient l’œuvre est un design inversé pour suggérer le caractère ouvert des archives, toujours prêtes à révéler une nouvelle vision de ce qu’elles supportent. Le matériau utilisé, la soie grège, à la fois luxueux et délicat, et son traitement en bords non finis ont été choisis pour évoquer, à nouveau, la fragilité des archives.

 

Un blogue de création

Voilà, j’ai décidé de séparer mon blogue en deux. L’autre, l’ancien est maintenant fermé. Les textes qu’il contenait  seront soit réécris et mis à jour ici ou seront transportés ailleurs (à déterminer) parce que les sujets et contenus ne tiennent pas bien ici.

Celui-ci c’est uniquement pour ce qui concerne mes créations et ce que j’ai à dire sur l’art et la technique.

On m’a tout récemment suggéré de concentrer mon blogue sur un sujet en particulier, question de cohérence. Je pense que c’est une bonne idée.

Maintenant au travail, il faut l’alimenter tout comme l’autre.