Photo Textes

Au café, des photos

Il y a un an? Un peu plus d’un an un café est apparu tout près de chez nous. À savoir, mon quartier n’est pas le plus riche de la ville et ce café offre des latte, des capuccinos et cie. (J’ai cherché dans le dictionnaire et on a ces orthographes alternatives possibles: cappuccino, cappucino; alors donc, on pourra un jour discourir sur quelle orthographe est la meilleure). Ces cafés mode sont évidemment trop chers pour plusieurs des habitants du quartier et je m’inquiétais un peu de la survie de cette aventure. Alors, pendant la pandémie j’ai pris d’encourager cet endroit chaleureux et tout moderne.

J’ai pris des photos au fil du temps, toutes captées avec mon téléphone cellulaire. Comme j’ai changé de téléphone il y a quelques mois à peine, la qualité des photos est différente. Les options de filtres et d’effets de lentille aussi. Cette semaine je m’amusais à essayer des prises avec des paramètres que je n’avais pas essayé encore.

Comme toujours, la plupart des essais n’ont pas donné de résultats intéressants. Il en restera tout de même trois ou quatre qui ont assez de profondeur pour mériter plus d’un regard.

Des photos très sombres avec peu d’indications sur le lieu ni aucune précision sur la “mise en situation”. Des regards concentrés sur des points précis. Comme pour à peu près tout ce que je fais, le regard est microscopique, dénué de mouvement, de récit. Pourtant je trouve qu’il y a quelque chose à partir duquel on peut forger des narratifs. Est-ce que l’effet suggestif est assez fort dans ce cas-ci?

Techniquement, évidemment, tout est amateur et fait rapidement. Je n’ai pas la patience pour rester longtemps sur une image parce que tout de suite j’ai en tête les prochaines réalisations. Ou encore parce que j’ai une imagination très fertile, je crains de trop partir dans la rêverie que les quelques détails de ces images peuvent me suggérer. Je resterais alors bloqué dans un présent instable, pris au piège par ces images. J’évite toujours de rester trop longtemps dans le présent pour ne pas risquer de ressentir son domaine émotif… étouffant?

De l’image je glisse rapidement vers l’autoanalyse. Avec le temps et le recul je saurai mieux les regarder sans déraper dans des considérations qui, au final, n’ont plus rien à voir avec le sujet photographié.

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