Textes

Transition

J’ai décidé de fermer mon compte Instagram tout comme mon compte Facebook. Adieu univers facebookien. Si vous ne le saviez pas, Facebook a acheté Instagram en 2012.

Comme pour toute chose il y avait du bon et du mauvais dans Facebook et Instagram. D’abord le bon: le partage des choses qu’on fait, qu’on aime, ce qui fait sourire, rire ou nous choque (les choses sont surtout choquantes en politique, ha ha ha); commenter, prendre part à quelque forme de socialisation virtuelle [ce qui s’est avéré extrêmement utile pendant le plus fort de la pandémie]; trouver des gens aux intérêts semblables aux miens sans tenir compte de la distance ou de quelque autre frontière. Pour ce dernier point, je me suis fait des amis de qualité, je dois dire.

Mais le mauvais a fini par l’emporter sur le bon et avec une marge plus qu’appréciable. Encore que la collecte de données serve à nous engoncer des publicités ciblées–je veux bien à la limite.jouer le jeu–mais la revente d’information personnelles même si elles sont packagées de manière “anonyme”–alors qu’on ne sait pas exactement jusqu’à quel point il y a réellement anonymat– ça fait grincer des dents. Ça pourrait passer considérant que Facebook et Instagram sont gratuits à l’usage: une forme d’échange (mais je pense qu’au final on perd beaucoup au change).

Je vous laisse chercher sur le Web tout ce que vous voulez pour vous faire dresser les cheveux sur la tête en ce qui a trait aux intrusions dans la vie privée. Je reviendrai souvent sur ce sujet parce qu’il faut absolument être minimalement au courant des tours qu’on nous joue dans le dos.

Ce sont quelques-uns des gros maux. Mais les petits maux, ceux qui me touchaient de très près sont insidieux et ont joué, en partie, avec ma santé. Les posts et commentaires insipides qui s’injectaient partout: pas moyen d’avoir une petite conversation sans être dérangé par des abrutis. Je fais bien la distinction entre les blagues même de mauvais goût et le commentaire déplacé. Que dire de tous ces faux comptes qui représentaient de pseudo-personnes “intéressées” à me connaître (mais surtout à connaître le moyen de jouer la fraude). Il y a aussi toutes ces vies parfaites illustrées avec soin sur Instagram. Ici ce n’est pas une question d’envie mais la prise de conscience qu’avec le temps, les réseaux sociaux formatent tout: il y a une façon de se présenter, une façon de bien faire, de bien montrer, de souligner telle ou telle chose mais pas une autre. Une uniformisation qui va bien avec la pensée unique qui est en train de ravager tout sur son passage en Occident (ailleurs dans le monde je sais pas si ce fléau est présent).

Je veux refaire miens les moyens de trouver ce qui m’intéresse, de le faire à mon rythme, selon mes choix, d’avoir une autre expérience que de simplement voir l’écran du téléphone ou de la tablette s’allumer et me présenter “ce qui doit être vu, dit, pensé”. Je veux avoir le temps de découvrir et de penser, pas juste le réflexe de passer au post suivant.

Quitter ces deux réseaux sociaux c’est devoir faire face au phénomène FOMO (fear of missing out), la peur de ne pas être dans le coup, de ne pas faire partie de…) Et oui, suffit de prendre un grand respir, d’avertir les amis, de ne pas céder au ” ah non tu devrais pas quitter FB… c’est dommage que…” comme si je quittais la planète (!!!)
[pendant un instant, en ce moment, j’ai l’impression que de manifester son intention de quitter ces réseaux c’est comme si on annonçait qu’on voulait se suicider]

Un autre point négatif que je dois mentionner, qui a été étudié de long en large et qui m’a été rappelé par mon médecin: les réseaux sociaux désagrègent la capacité de concentration. Lentement mais sûrement, ma capacité de concentration, donc ma capacité à produire quelque chose de convenable pour le travail ou pour ma collection d’oeuvres, a été sérieusement érodée au point où j’ai dû consulter. Évidemment les réseaux sociaux ne sont pas la seule cause mais ils ont fait partie du cocktail dangereux des conditions aggravantes.

En réfléchissant sur les mécanismes de “socialisation” sur les réseaux sociaux, je pense que quand on écrit un message ou qu’on publie une image, comme par exemple sur FB, en fait on s’écrit en premier un message pour soi comme on se dirait une petite phrase encourageante le matin devant le miroir avant de partir au travail ou vers quelque autre activité. On ne s’adresse pas à une personne ou un groupe mais on parle à cette chose qui s’interpose et qui sera le messager.

Ça prend beaucoup d’énergie pour socialiser par messager interposé. Ça ne paraît pas sur le coup, mais observez bien, vous verrez combien ces messagers du XXIe siècle bouffent de l’énergie.

Il y a aussi la paresse qu’il faut combattre: en mettant tout dans FB, en l’utilisant comme mode premier pour aller chercher l’information ou de le considérer comme moyen unique de disséminer l’information. On perd la capacité de recherche et peut-être (mais est-ce que je vais trop loin) notre capacité d’être critique devant ce qui nous est présenté. Nous avons déjà quitté depuis quelques années l’ère de l’information. Nous sommes dans l’ère de la génération et de la diffusion de l’émotif: les infos sont construites maintenant pour nous faire ressentir, pour “peser sur le bouton sensible” pour nous faire réagir. Les journaux le font, la radio et la télé aussi.

Réagir sans réfléchir, courir comme des poules “pas de tête”.


Voilà autre chose :

On arrête tout pour un instant. Je découvre qu’en mode édition sur mon blogue, il y aurait eu potentiellement 45 bidules indésirables qui auraient grouillé pendant que je tape mon texte si ce n’était que le navigateur Brave a éliminé la “menace”….

Je paie une sacré fortune pour avoir un blogue qui n’empoisonne pas mes lecteurs avec de la publicité et de voir cet odieux 45 m’inquiète un peu. Je vérifie:

Pour un lecteur qui n’est pas abonné à mon blogue, il y a 4 “créatures” rampantes sous la page mais au moins il semble que ce n’est que pour l’usage de WordPress, ce qui est probablement supportable.


Ce post est le premier que je réalise en entier sur mon Mac. Dans la lancée de la “transition” indiquée en titre de ce post, je passe doucement de Windows à Mac et Linux. Pour deux projets en cours ça m’est plus facile de programmer sous Windows, par habitude. Mac sera pour l’ordinaire et la création; Linux pour la navigation Web et mon serveur Web privé pour faire des expériences et des tests.

Windows est devenu une artillerie lourde: un tank pour se rendre au coin de la rue.


Je relis ce post et je me rends compte à quel point je suis chialeux, ha ha ha. Quand j’étais jeune je trouvais que les “vieux” étaient chialeux. Je ne pouvais pas comprendre du tout à l’époque mais maintenant avec le nombre des années je me rends bien compte qu’on finit par devenir chialeux à cause de la quantité de bêtises, d’incohérences et de mensonges qu’on nous envoie par la gauche ou la droite, c’est ahurissant.

Une chance qu’il y a toutes les petites choses parsemées sur nos chemins qui, si on s’y arrête, nous émerveillent et nous apaisent: les feuilles, les petites bestioles qui courent de ci de là, la couleur du ciel qui se penche vers les roux de l’automne, le parfum de la pluie qui est plus terreux qu’il y a un mois. Les ombres qui s’étirent avant de s’endormir.


L’image en en-tête, c’est une capture d’écran de plusieurs pages d’un numéro du National Geographic numérisées en déplaçant les feuilles au fur et à mesure que le lecteur optique se déplace sous la vitre du lit du scanneur. Automatiquement bien ordonnées et numérotées, ça m’a fait rappeler à ces planches illustrées dans les dictionnaires. Ici je vous propose alors “Planche des insectes quadrangulaires”.

1 comment

  1. Bien tout lu ! Un bon résumé de tout ce qu’on s’est dit au téléphone en somme. Et puis tu t’es mis à écrire presque aussi long que du Coupal !😅
    Le quadrangulaire je comprends, les insectes … j’ai l’impression que tu les a écrasé avec ton pied ! C’est pas cool ! Beurk !

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