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Ellipses, Apple, Brave

Ce billet, plus long qu’à l’habitude, a été écrit presque au complet à la mi-juillet. Nous sommes maintenant le 8 août et je reprends l’écriture. Un hiatus de santé anti productif est survenu. Maintenant ça va mieux: les idées sont plus claires aussi. Je relis et complète le tout à la fin du texte parce qu’il y a eu des choses nouvelles qui sont sont produites depuis et je ne peux m’empêcher de les commenter.


Quel lien y a-t-il entre “ellipses” et “Apple” (les ordinateurs)? Ce lien, évidemment, m’est tout à fait personnel. En parler me donne aussi l’occasion de partager mes impression sur les produits Apple que j’ai utilisés au fil du temps. De Apple à Brave, un navigateur Web–le lien est général–la vie privée.

Peut-être vous souvenez-vous du billet où je parlais que j’ai toujours eu de la difficulté à dessiner de belles ellipses à main levée. Ai-je mentionné ma première expérience avec les ordinateurs Apple? Si non, voici (si oui, ça sera un récapitulatif). Probablement en 1986, au collège, un prof avait amené son ordinateur pour nous faire une démonstration du logiciel de dessin Deluxe Paint (Deluxe Paint – Wikipedia) ( j’ai dû faire des recherches pour retrouver le nom, ça fait si longtemps). J’étais complètement abasourdi: on pouvait dessiner, corriger et plus encore avec un ordinateur! Et les ellipses! Plus encore, au-delà de tout ce que je pouvais imaginer, la possibilité de créer des pavés (tile patterns en anglais) aux raccords parfaits.

D’évidence je voulais avoir une telle machine qui pouvait “tout faire” (c’est toujours l’impression première qu’on avait lorsqu’on voyait une démonstration d’ordinateur à cette époque) mais… le prix. Alors ça sera pour une autre fois. Donc, oui, je n’avais d’yeux à l’époque que pour un MacIntosh; un PC avec DOS? mmm, utiliser le mode console (taper des commandes)? Non, non.

MacIntosh Plus img 1317
MacIntosh Plus (source de l’image https://commons.wikimedia.org/wiki/File:MacIntosh_Plus_img_1317.jpg)

Les années passeront et finalement j’aurai mon ordinateur à moi. Pas Mac, pas encore, mais un PC, de seconde main mais tout à fait utilisable pour ce que je pouvais en faire car il avait Windows 3.0 (ohhhh!!). Encore loin de moi la possibilité de faire ce que Deluxe Paint pouvait faire selon la démo des années 80 mais je me débrouillais–il fallait acheter un programme de dessin, encore une question d’argent.

Dans les années 90, je me suis entièrement habitué à Windows et j’avais eu à faire un document sur un Mac au bureau. Quelle expérience déroutante: les deux systèmes d’exploitation étaient–et sont encore–différents à bien des égards même si les différences semblent à première vue s’être amenuisées avec le temps. Bref, une expérience désastreuse. Alors que j’aurais pu éditer le document Word en un rien de temps sur PC, sur le Mac je cherchais toutes les options partout tout le temps, sans compter le rébarbatif Finder du Mac.

Plus tard une autre expérience aussi ennuyante qui a fini de me convaincre que les Macs c’est pas pour moi. Ça coïncidait avec l’époque où Apple avait de sérieuses difficultés et, pour tenter un grand coup “ça passe ou ça casse”, a décidé de lancer des ordinateurs avec un look distinctif, quelque chose que je n’ai jamais aimé, quelque chose qui a plus l’allure du jujube que d’un appareil utile:

Apple Mac G3, source de l’image : IMac_Bondi_Blue.jpg (822×905) (wikimedia.org)

Oui, je sais, beaucoup on aimé ce design et certains doivent encore avoir cet ordi quelque part chez eux, quelque chose qui est devenu “iconic” (emblématique?) et probablement se retrouvera dans un ou plusieurs musées d’art contemporain.

À titre de rappel, il y avait aussi:

Apple Powerbook G3 running Mac OS 9.2

😣

En revanche, à la même époque (?) il y avait ces portables au look “professionnel” et dont la texture au toucher était remarquable. Les courbes subtiles étaient aussi d’un bien meilleur goût.

Apple PowerBook G3 500 Pismo-2768

D’accord, je ne m’arrête qu’au look sans considérer l’aspect fonctionnel de ces ordinateurs. Justement, je trouvais qu’ils manquaient de fonctionnalités et de flexibilité. Le gestionnaire de fichiers, la souris sans bouton droit…

Vivant bien dans mon monde du PC et étant en mesure de faire tout ce que je voulais et même davantage, je n’ai plus porté intérêt positif ou négatif au monde d’Apple. C’était un monde parallèle, hors de mon horizon.

J’arrivais à dessiner mes ellipses sur PC et j’en étais ravi 🙂 J’ai depuis même réussi à faire de la musique sur PC et ça m’éblouis encore aujourd’hui (en fait plus que jamais puisque les ordis ont maintenant une capacité de traitement incroyable en comparaison avec les années 90).

Viendra bien quelque chose qui m’intéressera réellement de la part d’Apple: le IPod Nano:, compact, facile à utiliser, son adéquat et design–enfin–qui a de la gueule.

Mon IPod Nano

J’ai utilisé de IPod très longtemps. Il fonctionne encore quoique ici, à Sherbrooke, je n’ai pas besoin de m’isoler des bruits de la ville, puisqu’il y en a peu comparé à Montréal. Je recommence à l’utiliser, on verra plus loin. Je crois cependant que la pile commence à perdre de la vigueur. Comme tant de produits high tech, les qualités de miniaturisation, d’assemblage et d’esthétique priment sur la pérennité de l’objet: une grave erreur de design à mon avis, surtout en ces années de conscientisation environnementale.

J’ai eu un IPhone aussi mais je l’ai détesté: fonctionnalités réduites, un appareil aussi dispendieux qui fait si peu en comparaison avec mon Android précédent. L’ai échangé contre un autre téléphone Android. J’ai essayé un IPhone parce qu’on disait qu’il prenait des photos incroyables, qu’il pouvait capter des vidéos comme nul autre… pourtant mon Samsung était bien meilleur.

Parcours sinueux que ma relation distante avec Apple.

Quelques années plus tard arrivera enfin deux événements qui me réconcilieront (partiellement) avec Apple.

Premier événement: Andrew Huang a lancé l’an passé une appli sur IOS “Flip”, une sorte de studio de création musicale ultra-portatif. Par la suite Andrew explique (Why Apple products are better for music. – YouTube) pourquoi son application n’est disponible que sur la plateforme IOS (IPhone et IPad): le nombre restreint de modèles d’appareils roulant IOS et ses variantes comparés au nombre incroyablement élevé d’appareils roulant Android sous toutes se versions sans compter les différences matérielles. Par le nombre restreint, il est plus facile de déboguer une application et de produire une version stable. C’est en effet un point majeur à considérer. Dans un ordre d’idée similaire, la plupart des créateurs de musique préfèrent les Macs, question de stabilité dit-on. Je me dois donc de considérer ces faits puisque depuis quelques temps j’ai des problèmes de connexion entre mon ordi et mon interface audio externe (Focusrite Scarlett Scarlett 2i2 | Focusrite ). [Depuis, j’ai trouvé la source du problème: ce n’est pas l’interface sonore le problème mais une configuration dans Windows qui coupe le courant des appareils connectés USB s’ils le sont pas utilisés après quelques minutes. Cette propriété, peut-être de bonne intention, ne semble pas bien supportée par les disques externes ni les interfaces audio !!??!!. Une fois la fonction désactivée, tout fonctionne à tout coup.]

Second événement: Apple lance une série d’ordinateurs avec son nouveau processeur M1 et les critiques sont dithyrambiques avec raison.

Puisque c’était le temps de me mettre à jour concernant le téléphone intelligent, pourquoi pas ne pas essayer à nouveau? Donc nouveau IPhone (reconditionné) 11 Pro Max gracieusement offert en promo par mon fournisseur de téléphonie sans fil; IPad Pro 11 version 2020 également en solde parce que les nouveaux modèles s’en venaient à vive allure et que le magasin voulait ne pas être pris avec des invendus. Finalement, à titre complémentaire et aussi pour avoir une expérience globale du fameux Apple ecosystem, un Mac Mini M1.

Période d’adaptation et de frustration parce que, évidemment, rien ne fonctionne instantanément et exactement comme “on le veut”. Je m’habitue. J’apprends. À la blague, la première fois que j’allume le Mac Mini M1, il y a eu un problème avec la configuration initiale: l’ordi est resté coîncé sur un écran pendant plus d’une heure alors j’ai forcé un redémarrage, ce qui a déplu à l’ordinateur mais il a digéré le coup et fonctionne bien… je suppose.

Heureusement, je peux utiliser Ableton Live autant sur PC que sur Mac (ils ont changé les termes de la license je crois). De même pour les plug-ins Arturia (les instruments virtuels que j’aime tant). Côté vidéo, DaVinci Resolve est tout autant gratuit sur PC que sur Mac (à moins d’avoir expressément besoin de la version Studio). Je pense aussi installer Affinity Photo et Designer, mais peut-être pas Publisher puisque je ne l’utilise plus tellement; restreindre son usage sur PC me convient pour le moment.

Réintégrer mon IPod à cet écosystème a été évidemment très facile et je peux recommencer à l’utiliser pour le reste de vie que la pile voudra bien lui donner.

Le IPad Pro reste dans l’ensemble, une créature tout à fait à part même si on peut y voir une sorte de gréant téléphone portable: un délice incroyable que de dessiner avec cette tablette. Un peu d’habitude pour adapter la gestuelle à la surface glissante et le tour est joué. Je ne pense pas avoir besoin de la feuille texturée dont beaucoup apprécie l’imitation de l’epérience “papier” (https://paperlike.com/). Je reviendrai sur les frustrations en relation avec IPadOS (le gestionnaire de fichiers… pathétique) et comment dans l’ensemble cet appareil n’est pas aussi intuitif qu’Apple aime nous le rappeler.

Avec tout cet arsenal technologique, je peux faire des ellipses médiocres à main levée sur IPad avec Infinite Painter (Discover – Infinite Studio), une app qui me plaît au plus haut point (suivie de Autodesk SketchBook (Abonnement à SketchBook Pro | Acheter SketchBook Pro | Autodesk) et peut-être Procreate (Procreate® – The most powerful and intuitive digital illustration app available for iPad.), mais pour une raison que je n’arrive pas à clarifier, cette app m’a un peu déçu).

Si vous avez regardé l’événement Apple du printemps ((1) Apple Event — April 20 – YouTube), vous avez peut-être pensé comme moi qu’Apple vend un mode de vie plutôt que des objets ou des services. C’est une belle idée West Coast même si je n’y adhère pas tellement. Je préfère penser et utiliser mes objets selon ma propre vision. Je n’ai pas besoin qu’on me fasse penser à applaudir telle ou telle fonctionnalité, à utiliser tel ou tel appareil dans une situation ou une autre selon des patterns populaires. Ceci dit, Apple réussit à créer un jardin des délices technologiques qui semble éblouir les plus jeunes.

Je vais peut-être arriver à utiliser tous ces produits Apple et bénéficier de leur interconnectivité transparente. Je reste à la recherche d’un processus créatif efficace où la technique justement n’est pas une limitation (comment sauvegarder, copier, transférer, etc.) où je pourrais tout simplement photographier, filmer, dessiner et publier sur Internet aussi facilement que je peux écrire un billet de blogue ici.

Le Mac est un peu une nécessité en ce qui concerne certains aspects d’un projet relié à l’archivistique sur lequel je travaille présentement. Donc, ce n’est pas un achat de fantaisie, il y a du “travail” derrière cette décision.

Ainsi donc, depuis la mi-juillet, même si la santé n’était pas très au rendez-vous, j’ai travaillé–appris– des choses sur le Mac. J’ai pu prendre un rythme adéquat pour l’édition vidéo. Le processeur M1 du Mac avec ses capacité d’accélération matérielle arrive à faire un rendu vidéo à une vitesse incroyable.

Pour la suite du projet en archivistique, j’ai dû installer un serveur Web, autant sur mon PC que sur Mac. Dans les deux cas, Apache2, installé et configuré de façon quasiment identique. Donc je pense que je me débrouille bien.

Depuis, il y a eu aussi la présentation Microsoft au sujet de Windows 11. Présentation qui a eu plusieurs difficultés de diffusion (version anglaise ici : https://www.youtube.com/watch?v=jlNFEz72HCI ). j’avoue avoir été ennuyé que cette présentation était construite “à la Apple”. Microsoft ne pouvait pas arriver avec une présentation et une thématique qui lui est propre? Très bizarre. C’est bien dans l’air du temps de présenter la technologie comme un mode de vie. Ça ne se veut plus cette chose froide et abstraite. Ce n’est plus une technique ni un système “raisonné” mais un accompagnateur, accompagnatrice. C’est le café entre amis, c’est le confident, le navigateur, l’instructeur, le commentateur, etc. La technologie devient diaphane, s’efface devant des présentations aux couleurs douces, aux simplisme des emoji et animoji/memoji.

Cette légèreté et apparente facilité a un coût. Même si la simplification des systèmes était bienvenue au début afin de mieux “démocratiser l’informatique”, elle relègue les personnes utilisant la technologie à de simples utilisateurs superficiels alors que toute la technique et l’infrastructure est accaparée (?) par de grands décideurs. Devenus aveugles, nous ne voyons pas les ingérences des systèmes dans nos vies privées (et ce n’est qu’un seul aspect à considérer), nous ne voyons pas comment configurer nos appareils outre les choix de couleurs ou d’applications à installer. Nous ne sommes plus seuls, nous sommes suivis à la trace par une horde de dévoreurs d’habitudes et de données.

Nous vivons dans un monde de merveilles: qui aurait pu imaginer il y a à peine 10 ans les exploits de l’intelligence artificielle d’aujourd’hui? Ces merveilles sont éblouissantes, mais comme toute lumière qui éclaire beaucoup, les ombres sont plus nettes et plus sombres.

Brave ?

L’écosystème Apple et le mode de vie proposé fait état, souvent, dans les articles et la publicité sur le respect de la vie privée: Google, Amazon et Facebook/Instagram, entre autres, sont très gourmands en ce qui a trait à nos pratiques en ligne et ça finit par m’agacer sérieusement. Qu’ils sachent où je suis, qu’est ce que je regarde et quels sont mes centres d’intérêts m’importe peu. Qu’ils utilisent ces données pour me proposer des publicités, vidéos, articles ou autres qui seraient susceptibles de m’intéresser, d’accord. Mais on sait maintenant que ces données sont vendues, revendues et survendues, que des fortunes se créent à partir de “rien”. Alors si je contribue à enrichir les autres, ne devrais-je pas recevoir quelque chose de plus tangible que des publicités dont certainement plus de 90% ne m’intéressent absolument pas? Je n’aurais probablement rien à redire si mes revenus étaient plus élevés. J’y verrais presque une forme d’équité relative. Ce n’est pas le cas pour le moment.

Alors je cherche quelques moyens simples pour me soustraire à l’avidité du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). [D’ailleurs on est sûrement rendu à GAFAM+ car il doit y avoir plein d’autres joueurs de même calibre dans ce jeu]. Entre en jeu Brave, un navigateur qui dit restreindre l’accès des sites Web aux cookies espions. À noter que Firefox est similaire. Brave est une proposition plus récente. Je n’ai pas encore tout transféré mes activités vers Brave. Je teste les eaux. J’aimais la transférabilité de l’expérience de navigation avec Google Chrome (ce que j’ai vu sur un ordi, je peux le savoir et le revoir sur un autre) ou Microsoft Edge. La même chose est disponible chez Safari d’Apple. Je ne sais pas si j’aurai la même chose avec Brave (ce qui implique, je crois, un stockage de mes activités sur un serveur quelque part… un peu contre-indiqué considérant les exigences en rapport avec le respect de la vie privée). Brave propose un système de rétribution à base de cryptomonnaie. Je saisis pas encore ce que c’est. Ça me rappelle la mécanique de Lbry (LBRY – Content Freedom), un “concurrent” de YouTube. À suivre.

(une suite: en moins d’un mois j’ai évité avec Brave 4 100 “traceurs” et 52 mb de données inutiles transférées, ce n’est pas rien !)

Pour jouer créatif

Petite pièce musicale et une vidéo mise en ligne il y a maintenant quelque temps :

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