Les saveurs que je n’aime pas

Vinaigre, ketchup, relish, moutarde.

Selon où vous êtes dans ce monde, vinaigre et moutarde sont probablement bien différents que ce dont je vais parler un peu ici.

Le vinaigre blanc, celui qu’on verse souvent abondamment sur les frites, l’acide acétique, transparent, piquant, ayant une concentration dite 2% à 5-8% selon l’usage. Ce goût, cette odeur m’ont toujours été particulièrement désagréables. Pourquoi? Peut-être juste parce que c’est tellement populaire, partout, commun, presque ennuyant?

Ce n’est pas le vinaigre de vin (ici encore il y a quantité de variantes). En comparaison, le vinaigre blanc a une présence sans charme.

On peut se procurer du vinaigre blanc à plus haute concentration pour laver les vitres, les planchers, etc. Quand c’est le temps de faire le ménage, je me bouche le nez et je frotte au vinaigre. Il reste après quelques heures une subtile présence qui ressemble à une odeur de pomme.

Le ketchup commercial contient du vinaigre; la relish et la moutarde aussi. Un truc aux tomates. Encore plus populaire que le vinaigre, le ketchup accompagne tous les repas (mais jamais chez moi). À l’occasion je vais l’endurer comme ingrédient bien dilué dans une recette. On a aussi le catsup et autres « marmelades » à base de tomates qui ont leur propre univers de saveurs et de textures.

La relish c’est vert, c’est moche, c’est tout. Adieu.

La moutarde à hot dogs m’est tout aussi insupportable.

Le problème de ces condiments c’est qu’ils ont une telle présence qu’ils masquent toute autre saveur.

Habituellement, je préfère me taire au lieu de critiquer négativement. Dans ce cas-ci, dans ce long projet multiforme « Expérience », les choses que je n’aime pas ont sûrement façonné aussi mon ensemble de goûts, de préférences, ont coloré mes modes d’observation et de création. Chaque petite chose a une influence.

Au Québec, dans les repas traditionnels du dimanche soir, en famille, il était de bon ton de servir différents condiments vinaigrés pour accompagner tous les repas. À tel point qu’il était possible de trouver facilement et à petit prix des plats exprès pour servir cornichons, petits oignons, bâtonnets de céleri et olives vertes.

Étrangement, les olives vertes qu’on servait aussi avec ces « vinaigreries » étaient conservées dans de la saumure. Alors j’aimais les olives et je les mangeais toutes. Mais pas celles farcies avec de la pâte de piment rouge. Je les trouvais suspectes. Mais depuis ayant appris que cette pâte n’a aucun goût je peux en manger sans craindre une surprise au vinaigre. Ces olives demeurent très bon marché et n’ont pas toute la richesse de saveur des olives conservées dans différentes mixtures d’huile et d’herbes.

Je n’ai conservé aucun de ces plats de service. J’en ai acheté un tout récemment, exprès pour ce billet de blogue, juste pour montrer. Ce genre de design était dit communément être du « verre taillé », mais en fait c’est du verre moulé. Celui que je montre a un motif fait de petites billes. Habituellement, le verre taillé propose un de groupes de lignes pour imiter un soleil (?), un diamant (?).

Aujourd’hui ces plats sont dits « vintage » et n’intéressent qu’une clientèle particulière.
Il reste pourtant un charme qui existe en moi surtout pour les souvenirs qu’il évoque. Le plat que je montre en photo n’a pas fait partie de ma jeune vie, mais comme il ressemble à quelque chose que j’ai connu, il devient un canal par lequel des souvenir coulent au présent.


Flavours I don’t like

Vinegar, ketchup, relish, mustard.

Depending on where you are in this world, vinegar and mustard are probably quite different from what I’m going to talk about here.

White vinegar, which is often poured abundantly on French fries—acetic acid—transparent, tangy, having a concentration said to be 2% to 5-8% depending on usage. This taste and smell have always been particularly unpleasant to me. Why? Maybe just because it is so popular, everywhere, common, almost boring?

It is not the same at all as wine vinegar (there are lots of variations). In comparison, white vinegar has a charmless presence.

Higher strength white vinegar can be obtained: it is used for cleaning windows, floors, etc. When it is time to clean, I pinch my nose and get to work. After a few hours there remains a subtle presence that is somewhat reminiscent of apple.

Commercial ketchup contains vinegar; relish and mustard too. Ketchup, something with tomatoes, even more popular than vinegar, accompanies any, every and all meals (but never at my home). Occasionally I’ll use some, well-diluted, in a recipe. We also have catsup and other tomato-based “marmalades” which have their own universe of flavors and textures.

Relish is green, dull, enough said. Goodbye.

Yellow mustard, the ubiquitous companions to hot dogs and I find it unbearable.
The problem with these condiments is that they have such a presence that they mask any other flavor.

Usually, I prefer to keep quiet instead of criticizing negatively. In this case, in this long, multifaceted “Expérience” project, the things that I don’t like have surely also shaped my tastes, preferences, colored my ways of observation and creation. Every little thing has an influence.

In Québec, in traditional Sunday evening meals with the family, it was fashionable to serve different vinegar condiments to accompany all meals. So much so that it was easy and inexpensive to find dishes specifically for serving pickles, baby onions, celery sticks, and green olives.

Strangely, the green olives that were also served with these “vinegaries” were preserved in brine. So I loved olives and ate them all. But not those stuffed with red pepper paste. I found them suspicious. But since having learned that this paste has no taste, I can eat it without fear of a vinegar surprise. These olives are still very inexpensive and lack all the rich flavor of olives preserved in different oil and herb mixtures.

I didn’t keep any of these serving dishes. I bought one just recently, especially for this blog post. This kind of design was commonly said to be “cut glass,” but cheap renditions were in fact molded. The one I’m showing has a pattern made of little beads. Usually cut glass is made of groups of lines to imitate a sun (?), a diamond (?).

Today these dishes are said to be “vintage” and are only of interest to a specific clientele.
However, there remains a charm I can feel for the fond memories it evokes. The dish I’m showing here wasn’t a part of my young life, but because it looks like something I’ve known, it becomes a channel through which memories flow into the present.